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PAYSAS et ELIçAGARRAY en Argentine

 
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Alain Lalanne
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MessagePosté le: Mar 15 Avr 2008, 17:52    Sujet du message: PAYSAS et ELIçAGARRAY en Argentine Répondre en citant

Voici l'histoire familiale de Liliane Hounie, Béarnaise de Gurmençon, elle-même "émigrée" à Biarritz:

Mon ancêtre "casau de Arnaud Guilhem de PAYSAS" figure à ESTIALESQ dans le Dénombrement de 1385 de Gaston Fébus. Nous retrouvons la famille à PRECILHON dès 1622 et ce jusqu'aux premières années du XIX°s.
Mon arrière-grand-père, Jean PAYSAS a épousé à PRECILHON Justine LETOILE (ou LESTELLE en béarnais).Ils sont mentionnés comme laboureur et femme de ménage. De ce mariage naissent respectivement François en 1840 à GURMENçON, puis MArie, Gratien, Pierre, Jean-Pierre, Vincent et Anne-Marie.

Le premier à partir en Argentine est Pierre, âgé de 12 ans et mentionné comme berger. Il travaille comme berger dans la Pampa et c'est lui qui fera venir les autres frères et soeur, c'est-à-dire Gratien, Jean-Pierre, Vincent et Anne-Marie, après 1870. Tous travaillent dans les champs.

Anne-Marie se maria avec son patron Jean ELIçAGARRAY, originaire de Baudios, à côté de Mauléon. Les renseignements recueillis sur place disent qu'il fit fortune en cultivant de oignons. De ce mariage naquit une fille unique qui reçut une éducation bourgeoise mais qui mourut prématurément, à l'âge de 15 ans. Aussi Jean ELIçAGARRAY fit venir à ADOLFO GONZALO CHAVEZ deux neveux, les IROULART, à qui il donna quelques terres à sa mort. Il fit construire à A.G. CHAVEZ une quincaillerie, épicerie, la Vencedora, qui fournissait matériel, cordes, graines aux futurs exploitants, ainsi que vêtements et vivres. Mon grand-père Vincent, frère d'Anne-Marie, y travailla.

Pierre, le premier installé, apprit l'espagnol sur une Bible qui lui avait été donnée par son patron. Il se maria sur le tard, eut 8 enfants avant de mourir âgé de 46 ans autour des années 1885. A cette date la "Vida Agraria" dressa de lui un portrait flatteur : Don Pedro PAYSAS y apparaissait comme un homme parti de rien qui par son travail acharné put acquérir 600 hectares. Il fit construire un ranchito, y installa sa famille, construisit des bergeries pour ses moutons et étables pour son bétail. Il meurt alors que ses enfants sont en bas âge laissant une veuve accablée et incapable de se défendre. Il semble que Gratien ait profité de sa faiblesse pour racheter la propriété de son frère. Lui même la fit fructifier. Il se maria avec une "indigène" qui lui donna 5 enfants, 4 fils et une fille à qui il légua 500 hectares à sa mort en 1940.

Un de ses fils resta à la campagne, les autres partirent à Buenos Aires où ils firent des études : deux d'avocats, un docteur en médecine (Victor PAYSAS) tandis que Gorgelina, la seule fille, épousa un riche héritier de la famille SEBAJO : ces SEBAJO, mes deux cousins, septuagénaire et octogénaire, vivent de leurs rentes : ils ont tous des milliers d'hectares à UDA QUIOLA et AYACUCHO. Je ne les connais pas.

Les IROULART, descendants des neveux de Jean ELIçAGARRAY, vivent à Adolfo Gonzalo CHAVEZ. En 1943 ils ont hérité de quelques hectares de Ana-Maria PAYSAS de ELIçAGARRAY et ils en ont acheté d'autres. Tous les quatre (que j'ai rencontrés) sont restés al campo.
Maria-Luisa IROULART a eu 4 enfants, tous exploitant des terres dont 3 000 hectares que son mari a confiés au fils aîné, ingénieur agronome., élèvent des Hereford et Aberdeen Hugus, cultivant soja et tournesol. Ils emploient des peones qui logent sur place. eux vivent à A.G. CHAVEZ. Ils permettent à leurs peones (3 permanents) d'élever du bétail pour leur compte. Ils paient les soins médicaux et les études aux enfants. Ils emploient aussi des saisonniers au moment des semailles et des moissons. Leurs femmes s'occupent des enfants et participent à des organisations caritatives. Tous sont très fiers de descendre des ELIçAGARRAY dont la mémoire dans la petite ville est présente.

Ana ELIçAGARRAY, ma grand tante, passa une grande partie de sa vie à dépenser l'argent que son mari lui laissa. Il mourut en 1914. En 1939 elle ouvraient un collège Juan ELIçAGARRAY, l'hôpital Juan ELIçAGARRAY et l'église dont elle finança une partie de la construction. A sa mort en 1943, ses compatriotes reconnaissants érigèrent un monument en marbre inauguré en grandes pompes par le conseil municipal, l'évêque de Buenos Aires et le gouverneur de la province.
En 2004 j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec quelques "chaveuses" qui la "vénèrent" pour tout ce qu'elle a accompli pour eux. A sa mort il y eu beaucoup de tollé à l'ouverture de son testament. Son fondé de pouvoir, CARRICART, dénommé "CARRICART testamento", y apparait comme celui qui l'avait ruinée (par des placements douteux et moultes malversations qui l'avaient enrichi)? Son arrière petite-fille a épousé le prince héritier des Pays-Bas.

Que reste-t-il aujourd'hui de l'épopée des PAYSAS ?
Des cousins nombreux que je rencontre depuis 2004. Ce sont eux qui m'ont raconté tout ce que j'écris. Certains vivent à Buenos Aires : les petits-enfants de Victor PAYSAS (cousin germain de mon père Jean PAYSAS), d'autres à HURLINGHAM, d'autres à RAUCH, AYACUCHO, dans la province Buenos Aires.
Xavier PAYSAS, fils de Goerges PAYSAS, un des enfants de GRATIEN, est professeur d'Histoire Antique à l'Université. Sa maison ressemble à un musée. Il est spécialiste en egyptologie et beaucoup de ses recherches ont été utilisées par Christain Jacque dans ses romans. Dans son bureau un portrait de Akhénaton, des bustes de Ramsès, des vases.

Tous ces descendants rêvent de devenir fonctionnaires "estatal" (d'état) pour avoir la sécurité de l'emploi. Ils étudient tous et rêvent de réussir à l'instar de leurs ancêtres. Ils n'attendent rien des autorités qu'ils jugent corrompues. Cependant ils disent que le pays se redresse, la dette auprès du FMI est épongée, ils sont plus indépendants qu'avant des USA et entretiennent d'assez bonnes relations avec le Chili et le Brésil.
Ils sont très attachés à la famille et fiers de descendre de ces émigrants "bouseux" qui ont mis en valeur leur pays.

(La suite à mon retour d'Argentine)

Liliane Hounie.
_________________
Le site de l'A.M.M.E. http://monsite.wanadoo.fr/ammemoigres/


Dernière édition par Alain Lalanne le Mar 15 Avr 2008, 21:12; édité 1 fois
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Alain Lalanne
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MessagePosté le: Mar 15 Avr 2008, 21:10    Sujet du message: Répondre en citant

Dans les archives bordelaises nous trouvons un Jean ELIçAGARRAY , âgé de 48 ans, de Domezain, qui en 1864 est demandeur d'un visa pour Valparaiso, au Chili.
_________________
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