dupont Résident temporaire
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Posté le: Ven 02 Mar 2007, 01:37 Sujet du message: Potosi et ses traditions miniéres |
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Je quitte Sucre non sans regrets pour Potosi (170 000 habitants) distante de 170 km , mais 3 h 30 de bus sont nécessaires pour accomplir le voyage.Nous traversons des vallées et de nombreux cols sont á franchir.Un immense plateau nous rapproche de Potosi située á 4000 m d'altitude au pied du Cerro Rico .
Cette montagne renfermait du minerai d'argent , de cuivre et d'étain . Une des légendes -celle-ci serait la plus vraisemblable- , raconte comment, en 1545 , l'Indien Diego Huallpa se rendit sur la montagne á la recherche d'un de ses lamas . Il fut surpris par la nuit et le froid et fit un feu avant de s'endormir .
Le lendemain matin , il découvrit avec surprise des fils d'argent qui avaient coulé de la montagne sous l'action de la chaleur . C'est ainsi dit-on que furent découverts les premiers filons du "Cerro Rico" .
Rapidement les Espagnols s'emparérent de la découverte et les fabuleuses richesses en argent surtout , mais aussi en plomb , en étain et en zinc vinrent garnir les coffres du royaume ibérique .
6000 esclaves noirs venus d'Afrique ne résistérent pas longtemps au froid et á l'altitude . Des millions d'Indiens de Bolivie et du Pérou furent amenés de force pour travailler dans des conditions telles que le chiffre de 6 millions de morts est avancé .
La quantité d'argent extraite durant les 450 années de colonisation est difficile á chiffrer mais on estime qu'un pont en argent reliant Potosi á Madrid aurait pu ëtre construit .
Petit village d'une centaine d'indigénes en 1544 , en 1611 avec 160 000 habitants Potosi était la ville la plus peuplée du monde .
Paris 60 000 , Madrid 10 000 , Londres 100 000 .
Afin de faciliter les transactions économiques régionales et internationales , le Roi d'Espagne décida la construction d'un Hötel de la Monnaie . 15 000 m2 de bäti , 200 salles contenant les fours , les laminoirs , les presses , entourés de murs en pierre taillée , représentent 14 années de travail .
L'argent était coulé en lingots , puis laminé et enfin , dans des presses manuelles , les piéces étaient frappées au sceau du Royaume d' Espagne
Cet Hotel de la Monnaie aujourd'hui Musée d'art et d'archives historiques , constitue un fantastique héritage de l'Espagne coloniale . Il contient la plus grande collection picturale de Bolivie .
L'oeuvre la plus appréciée , (d'un peintre anonyme )est "la Vierge du Cerro".Le tableau témoigne du syncrétisme de deux Cultures :la Culture européenne avec le visage de la Vierge et la Culture indigéne avec l'insertion de ce visage dans la montagne sous le regard des dieux Incas :Inti (soleil) Quilla (lune) et Pachamama (terre mére) .
Plusieurs heures sont nécessaires pour admirer les toiles des différentes Ecoles de peinture , l'Ecole de Potosi , de La Paz ou de Cusco .
L'argent extrait de la montagne a permi , gräce au travail d'orfévres réputés, la réalisation de véritables oeuvres d'art tels des encensoirs ornés de lamas , des ornememts de Saints ou la décoration d'habits avec des fils d'argent .....
Au centre de grandes piéces , sont exposées les machines á laminer et á frapper les monnaies en argent . Les premiéres , en bois , fonctionnaient gräce á la traction humaine , puis animale . Ensuite , les machines á vapeur puis électriques remplacérent cette pratique archaïque du travail
Je termine ma rapide description de la visite de la "Casa de la Moneda"qui nécessiterait de longues pages d'écriture !
La Place du 10 Novembre , place principale , est l'äme historique de la ville , oú se déroule les multiples festivités . Elle est entourée d'édifices de l'époque coloniale tels la Casa de la Moneda , la Cour Suprëme de Justice , aujourd'hui la Municipalité , ou le premier Casino de Potosi devenu la Préfecture . La Cathédrale commencée en 1808 et inaugurée en 1836 , est considérée comme l'une des plus belles Cathédrales latino -américaines .
Mais je suis aussi venu á Potosi pour connaïtre ses traditions miniéres , les conditions de travail des mineurs majoritairement coopérativistes .
Une entrevue avec le Président de la Fédération Coopérativiste de Potosi a été fixée au mercredi 28-02 á 8 h . Devant la caméra il a fait l'historique de la mine , parlé des différents minerais extraits de la montagne , défini les statuts des mineurs et m'a invité á une visite sous terre .
L'entrée des premiéres galeries est située á 4186 m d'altitude mais notre visite se fera au dessus soit á 4280 m .
Poussé á la main par deux mineurs , le wagonnet rempli de minerai sort de la galerie et est déversé dans un couloir á flanc de montagne . Au pied deux ouvriers chargent á la pelle les brouettes qui petit á petit remplissent le camion.
C'est un va et vient incessant et le retour á vide sur 1 km dans la mine se fait en courant car les mineurs sont payés á la täche , les uns pour le nombre de wagonnets , les autres pour le nombre de brouettes
L'horaire de travail journalier est variable , de 6 á 8 h ainsi que celui de la semaine qui varie de 40 á 48 h voire 50 h . Le montant des salaires est compliqué á calculer car le travail á la täche ne permet pas un calcul précis .
Toutefois , avec l'aide d'un mineur resté en ma compagnie , on a pu évaluer , qu'en fonction du nombre d'heures de travail un mineur , souvent entre 0 et moins 200m sous terre est payé de 80 á 120 Euros par mois . Mon compagnon me précise que le mineur n'est payé que lorsqu'il travaille et qu'il n'existe pas de congés payés .
Equipé de bottes et d'un casque , je suis rentré dans la galerie et j'ai parcouru 300 á 400 m entre les rails , dans l'eau et la boue jusqu'á mi-mollets , souvent courbé pour éviter des aspérités ou des boiseries de souténement . Une nouvelle galerie est en voie de percement et les mineurs étayent avec des troncs d'eucalyptus pour continuer leur avancée.
J'ai arrété lá mon expérience souterraine , ayant un infime apercu du travail des mineurs .
Je songe á ceux qui , dans l'eau et la boue poussent les wagonnets 6 á 8 heures durant accumulant en fin de journée 6 tonnes de minerai et 16 km de trajet , ou á ceux qui , par 200 m de fond , á la pioche , au marteau-piqueur ou á la dynamite , accomplissent ce dur travail quotidien .
Tout est manuel et les conditions de sécurité sont précaires voire inexistantes , le travail á la täche incitant á plus de gain , oblige le mineur á négliger , voire méconnaïtre la sécurité .
A la sortie l'effervescence régne car une équipe va prendre son travail .Ils sont en groupes profitant des rayons du soleil et chacun avec son sachet de feuilles de coca , mäche et avale le suc qui leur permet de tenir jusqu'á la sortie car il n'existe pas de "pause de casse-croüte" .
Cette expérience me fait réfléchir sur les conditions qui sont faites á des ëtres humains et á tout le chemin qui reste á parcourir afin que , salaires et dignité dans le travail soient enfin respectés .
Afin de meubler mon reportage par des prises de vues extérieures , je rejoins á pied le village distant de 5 km . Il est 15 h et la faim me tenaille .Je m'offre un quart de poulet accompagné de frites et de spaghettis . Un luxe !!
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Je réalise qu'aujourd'hui 28 février ou demain 1er mars c'est mon
anniversaire car je dois attendre 2008 pour un 29 février jour réel de mon anniversaire .
Je profite de l'occasion pour remercier globalement tous ceux qui m'ont envoyé leurs voeux souvent accompagnés de cartes musicales et animées
Merci á vous tous et á bientöt sur le salar d'Uyuni .
Robert .
Les messages sont acceptés sur : dupont290228@hotmail.fr
Le 1er Mars 2007 |
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